Duvaliérisme : Devoir de Mémoire

De 1986 à 2003, Radio Haïti a accordé la priorité au « Devoir de Mémoire » envers le régime dictatorial de François et Jean-Claude Duvalier. Ces enregistrements sont liés aux commémorations des violences et de la répression, et comprennent des entretiens réalisés avec des survivants, des témoins et des membres de la famille des victimes après coup plutôt que durant les événements mêmes. Il n’y a pas d’enregistrements en direct car soit Radio Haïti n’existait pas encore, soit parce qu’on ne pouvait pas parler ouvertement de ces choses à l’époque, soit parce que les employés de Radio Haïti étaient en exil pendant les événements. Voici certains des événements principaux abordés dans les enregistrements :

  • Nombreux actes de violence généralisée à Port-au-Prince le 26 avril 1963, quand François Duvalier fit régner la terreur dans la ville à l’encontre d’opposants politiques (présumés ou imaginaires) et de leurs familles à la suite de la tentative d’enlèvement de son fils
  • Jeune Haïti : l’invasion de 13 jeunes Haïtiens qui étudiaient aux Etats-Unis et dont le but était de renverser la dictature de François Duvalier au mois d’août 1964, mais qui furent trahis puis assassinés par les macoutes
Komemorasyon 50yèm anivèse asasina Marcel Numa ak Louis Drouin, manm Jeune Haïti, ki yo touye 12 novanm 1964, devan Simityè Nasyonal Pòtoprens,

Commémoration du 15ème anniversaire de la mort de Marcel Numa et Louis Drouin, membres de Jeune Haïti qui furent exécutés le 12 novembre 1964, Cimetière national, Port-au-Prince

  • Le massacre des Vêpres jérémiennes en 1964, quand 27 personnes (membres de la famille des membres de Jeune Haïti, dont des bébés et des personnes âgées) furent tuées par les macoutes en représailles de l’invasion de Jeune Haïti
  • Le massacre de Cazale en 1969, qui commença le 27 mars à la suite de l’attaque du poste des macoutes à Cazale par des rebelles communistes anti-duvaliéristes (Parti Unifié des Communistes Haïtiens) et dura jusqu’au 11 avril. Les militaires et les macoutes brûlèrent de nombreuses habitations paysannes, tuèrent et arrêtèrent un nombre inconnu de paysans, hommes comme femmes.
  • Le massacre de « Twa Flè Lespwa » (Trois Fleurs d’Espoir), quand des militaires tirèrent sur des manifestants pacifiques, et tuèrent trois jeunes garçons dans une cour d’école le 28 novembre 1985 aux Gonaïves. La mort de Jean Robert Cius, Mackenson Michel et Daniel Israel provoqua une série de manifestations dans tout le pays et contribuèrent à la chute de Jean-Claude Duvalier en février 1986.
  • Le massacre de Fort Dimanche du 26 avril 1986 quand les militaires tuèrent et blessèrent de nombreuses personnes à l’occasion d’une manifestation commémorant les événements du 26 avril 1985 devant Fort Dimanche, démontrant ainsi que la violence ne cessa pas après la chute de Duvalier.

Après tous les troubles et les violences qui ont eu lieu durant les années de transition, la mémoire collective de ce qui s’est passé sous le régime des Duvalier commence à s’effacer, les gens commencent à oublier ou bien choisissent de ne pas en parler, et les gens qui ont vécu les événements vieillissent, rendant ainsi le devoir de mémoire (lien) primordial et vital à la fois d’un point de vue légal pour que justice soit rendue, et pour la société en général.

Enregistrements :

Discours de François Duvalier, janvier 1971

Discours de Jean-Claude Duvalier, septembre 1971

Luckner Cambronne, Ministre de l’Intérieur, Conférence de presse, 23 novembre 1971

Editorial : Bon appétit, messieurs ! 20 octobre 1980

En souvenir des “Trois Fleurs d’Espoir”, 27 novembre 1986

Massacre de Cazale : 18 ans plus tard, 27 mars 1987

Témoignage sur le massacre de Fort Dimanche du 26 avril 1986 (mères des victimes, observateurs des droits de l’homme) – un an plus tard, 26 avril 1987

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